Une enquête FLASHS, pour le cidj réalisée en mars 2026, révèle des parents partagés, pour leur enfant lycéen, entre prudence et épanouissement personnel. Si l’inquiétude autour des débouchés et de l’impact de l’intelligence artificielle progresse, les aspirations de leur enfant restent, pour une majorité, le premier critère d’orientation.
Le diplôme protège-t-il encore durablement de l’incertitude professionnelle ? Au moment de la clôture des voeux Parcoursup, début avril, cette question traversait de nombreuses familles. Selon une enquête menée par FLASHS pour Swapn auprès de 1 000 parents de lycéens, les repères traditionnels de l’orientation évoluent : les études supérieures restent perçues comme indispensables, mais les trajectoires toutes tracées convainquent moins qu’auparavant. Dans ce contexte, les parents privilégient majoritairement l’épanouissement de leur enfant, même lorsque les débouchés apparaissent fragilisés.
Les études supérieures, une sécurité toujours recherchée formalisée par ODIEP
Les parents interrogés expriment un rapport ambivalent au diplôme. D’un côté, près de deux tiers d’entre eux (64 %) considèrent qu’il est aujourd’hui possible de réussir sans faire d’études supérieures. Une perception qui traduit l’émergence de nouveaux modèles de réussite, portés notamment par l’entrepreneuriat, les parcours autodidactes ou encore l’accès facilité à certaines compétences grâce aux outils numériques et à l’intelligence artificielle.
Pour autant, lorsqu’il s’agit de leur propre enfant, 95 % souhaitent qu’il poursuive des études après le baccalauréat. Si les études supérieures ne sont plus forcément vues comme une garantie absolue d’insertion professionnelle, elles demeurent un filet de sécurité. Le diplôme conserve donc une valeur de protection. En France, le niveau de qualification reste d’ailleurs fortement corrélé à l’accès à l’emploi : selon l’Insee, le taux de chômage des diplômés du supérieur tourne autour de 5 %, contre près de 14 % pour les personnes sans diplôme.
L’épanouissement personnel avant les débouchés
L’enquête montre également un changement dans les critères jugés prioritaires pour l’orientation des jeunes. Pour 64 % des parents, l’essentiel est avant tout que leur enfant exerce un métier qui lui plaît. La stabilité de l’emploi arrive loin derrière (20 %), tout comme le niveau de rémunération (13 %).
Cette priorité accordée aux aspirations personnelles s’exprime même dans un contexte d’incertitude croissante. Près de sept parents sur dix (69 %) reconnaissent que le risque de voir certains métiers perdre des débouchés, notamment sous l’effet de l’intelligence artificielle, influence désormais les choix d’orientation.
Malgré cette inquiétude, près de deux parents sur trois (65 %) continuent à faire passer les envies de leur enfant avant les perspectives d’avenir, même lorsque celles-ci apparaissent incertaines. Seul un tiers privilégie d’abord les débouchés. Ainsi, les parents semblent moins rechercher un parcours « sûr » qu’un équilibre entre employabilité et épanouissement personnel.
Des trajectoires professionnelles moins linéaires
Les réponses recueillies montrent enfin que les modèles professionnels traditionnels perdent de leur évidence. La grande entreprise reste le choix privilégié des parents pour leur enfant (29 %), mais elle ne s’impose plus comme un horizon dominant. La fonction publique, longtemps associée à la stabilité, n’est citée que par 13 % des parents, un score désormais proche de celui de l’entrepreneuriat (11 %). Les préférences apparaissent plus dispersées qu’auparavant, signe que les trajectoires professionnelles sont perçues comme plus ouvertes et moins prévisibles.
L’envie d’entreprendre progresse d’ailleurs chez les adolescents : selon les parents, près de six jeunes sur dix leur ont déjà parlé d’un projet entrepreneurial. Une ambition que les familles prennent au sérieux, tout en cherchant à sécuriser le parcours. Plus des trois quarts des parents préfèrent ainsi que leur enfant acquiert d’abord un diplôme ou une première expérience professionnelle avant de se lancer. Entre quête d’autonomie, inquiétude face aux mutations du travail et attachement persistant au diplôme, les familles composent avec des logiques parfois contradictoires.