Études de santé : comprendre la réforme

« La meilleure façon de prédire l’avenir est de le créer »

Peter Drucker

La PACES (première année commune aux études de santé), qui représentait quasiment l’unique voie d’accès aux études de santé a tiré sa révérence. Depuis la rentrée de septembre 2020, deux nouvelles voies permettent d’accéder aux études de santé. La PACES laisse place au Pass (Parcours Accès Santé) et à la L.AS (Licence Accès Santé). Au sein des Facultés de Médecine, la 1re année des études de médecine ne s’appelle plus « Première Année Commune aux Études de Santé » mais Parcours d’Accès Spécifique Santé. Elle prépare toujours aux 4 filières « MMOPK » Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie. Seulement, qu’est-ce que modifie réellement la réforme ? Comment se préparer au mieux aux études de santé ? Retour sur une réforme qui bouscule les études sélectives. 

1) Une réforme qui modifie la sélection et les voies d’entrées : qu’est-ce qui change réellement ? 

L’inscription aux études de santé se déroule désormais via Parcoursup. Cette fin de la PACES s’accompagne de la fin du « numerus clausus », cette sélection drastique qui faisait de la filière santé, des études difficiles d’accès, laissant de nombreux étudiants sur le carreau. Quel est donc le but de cette réforme ? 

Transformer l’accès aux études de santé

La réforme de la PACES trouve sa source dans le plan Ma Santé 2022, et le décret relatif  à l’accès aux formations de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de maïeutique date du 4 novembre 2019. 

Tout d’abord, la réforme a pour vocation première d’ouvrir à un plus grand nombre d’étudiants les voies d’accès aux études de santé. L’objectif est de permettre une orientation des étudiants plus progressive aux carrières médicales. 

Cette réforme part d’un constat bien précis : l’admission actuelle dans les études de santé se fait très principalement via la PACES et est limitée par le numerus clausus qui définit chaque année le nombre d’étudiants pouvant être admis en 2e année d’études de santé. 

« Parmi les 40 000 nouveaux bacheliers qui s’inscrivent en PACES chaque année, un tiers poursuit en études de santé, le plus souvent après un redoublement, et les deux tiers se réorientent dans des filières de l’université ou en dehors, parfois découragés par deux échecs » selon le rapport du Ministère des solidarités et de la santé et le Ministère de l’Enseignement supérieur de la recherche et de l’innovation. 

Aussi, selon les Université, 70% à 90% des meilleurs lycéens voulant accéder aux études de médecine perdaient une à deux années d’études supérieures, sans forcément de possibilité de réorientation. Ce système d’admission, basé sur une sélection drastique, semble ne plus répondre aux attentes des étudiants, ni à celles des personnes soignées ou de la société dans son ensemble

Les objectifs de la réforme sont multidimensionnels : 

  • Une meilleure formation, orientation et insertion des futurs professionnels de la santé;
  • Une amélioration de la réussite des étudiants dans la continuité du plan étudiants;
  • Une adaptation des compétences des futurs professionnels aux besoins du système de santé pour soutenir sa transformation; 
  • Un décloisonnement des filières de santé; 

De nouvelles voies d’admission dans les études de santé 

À partir de 2020, les études de santé deviennent donc « les études MMOP » : Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie (La filière kinésithérapie, aujourd’hui partie intégrante de la PACES, doit faire l’objet d’une réforme pour un futur dispositif d’admission). Nous rappellerons que l’odontologie fait référence au métier dentaire et maïeutique aux sages-femmes. 

Pour transformer l’accès aux études de santé, la réforme prévoit ainsi de nouvelles voies d’admission. Les lycéens peuvent désormais choisir entre plusieurs parcours prévus pour leur permettre de candidater deux fois dans les études de santé, après une, deux ou trois années de premier cycle. Les nouvelles voies, détaillés plus amplement à la suite de ce dossier, peuvent être réparties ainsi : 

  1. Une licence (L.AS): une licence généraliste comprenant une option « accès santé ». Les licences sont proposées y compris par des universités n’ayant pas de faculté de santé afin de mieux répartir l’offre de formation dans tous les territoires. Si l’étudiant réussi cette première année avec des notes suffisantes, il peut rejoindre en deuxième année une faculté de santé. 
  2. Un parcours accès santé (PASS : cela est proposé uniquement dans les universités ayant une faculté de santé. L’étudiant choisit au sein de ce parcours une option qui lui permettra de poursuivre en deuxième année de licence s’il n’est pas admis dans une filière de santé. 
  3. Des cas spécifiques : dans certaines universités, il est également possible de candidater aux études de maïeutique, médecine, odontologie, pharmacie à partir d’autres formations en santé. Ainsi, un lycéen ayant choisi une formation de santé courte, comme par exemple un Institut de Formation en Soins Infirmiers (IFSI), peut bifurquer vers une formation longue. En effet, les étudiants d’un Institut de Formation en Soins Infirmiers ont la possibilité de candidater dans l’une des filières MMOPK après leur première, deuxième ou troisième année. En revanche, le nombre de candidature est limité à deux donc il est préférable d’attendre la deuxième et troisième année d’IFSI.

Infographie : LAS et PASS, comment ça marche ?

Fin du numerus clausus mais pas de la sélection

Le numerus clausus sélectionnait jusqu’ici les étudiants à l’entrée des études médicales depuis sa mise en place en 1971. Ce dernier disparaît avec cette réforme. Mais si le numerus clausus n’est plus là, cela ne signifie pas que la sélection n’existe plus. Car, le numerus clausus est remplacé par le numerus apertus. Ce quota est déterminé en fonction des besoins et des capacités de formation sur le territoire. Ce nouveau numerus signifie que les Facultés pourront faire varier à la marge le nombre d’admis, avec l’avis de l’ARS (Agence Régionale de Santé). 

Ce sont donc désormais les établissements d’enseignement qui fixent, en accord avec l’Agence régionale de santé, leur quota d’étudiants pour chaque filière. Les universités repartiront les places entre les différentes voies d’accès. L’objectif fixé par la réforme Ma Santé 2020 est de +20% de médecins formés au niveau national.

Cette fin du numerus clausus s’accompagne de la disparition du concours basé exclusivement sur des QCM. Les étudiants sont désormais sélectionnés sur leurs résultats dans leur parcours de formation (L.AS ou PASS) et, pour certains sur des épreuves complémentaires, dont des épreuves orales. Il faut pour cela que les notes obtenues soient considérées comme pertinentes pour apprécier les compétences nécessaires pour réussir les études de santé. Ainsi, la sélection est toujours aussi importante puisqu’il faut avoir les meilleurs résultats possibles pour accéder aux filières MMOP.

2) Le PASS, une nouvelle PACES ?

L’une des voies pour intégrer des études de santé est désormais intitulée le « Pass ».  L’année de PASS peut être suivie uniquement dans des universités qui ont des facultés de santé. Quelles sont les spécificités du PASS vis-à-vis de l’ancienne PACES ? 

Un élargissement des domaines

En plus de la modification de la sélection décrite plus haut, le PASS change de la PACES de par les enseignements délivrés. Effectivement, en plus des matières de santé, l’étudiant doit suivre une mineure liée à une tout autre filière : droit, philosophie, économie ou encore mathématique. Ainsi, le PASS propose des enseignements axés sur la santé, mais pas que ! L’objectif est d’ouvrir l’esprit des étudiants à des matières plus ou moins éloignées de la santé.

Il est important de noter que pour le PASS – comme pour la licence L.AS – la sélection se fait via une phase d’admissibilité puis d’admission sur Parcoursup. Pour y accéder, l’élève choisit sur  Parcoursup (entre le 22 janvier et le 12 mars) le parcours spécifique santé (PASS) avec une option qui correspond à ses points forts et à ses autres projets éventuels (exemple : option droit, option biologie, option langues…).

Description générale du PASS

Le PASS est une année de licence spécifique, comprenant des enseignements « santé » (30 crédits ECTS), des enseignements disciplinaires hors « santé » (Droit, Biologie, Maths, Lettres etc. pour au moins 10 crédits ECTS), des cours d’anglais, des modules pour découvrir les métiers de la santé, et une préparation aux épreuves permettant de candidater en santé.

Pour accéder à la 2e année, l’étudiant doit valider les 60 crédits ECTS du Pass. Si ce n’est pas le cas, le redoublement n’est pas permis et il devra se réorienter. Il lui restera une autre chance d’intégrer les études de santé en s’inscrivant en L.AS l’année suivante.

Aussi, si les 60 crédits ECTS sont validés, il peut arriver que l’accès en 2e année ne soit pas possible. Les établissements d’enseignement fixent leur propre quota et un étudiant qui a validé son année de Pass peut ne pas être suffisamment bien classé pour accéder à la 2e année. Dans ce cas, il est possible de passer directement en 2e année de licence dans l’un des domaines étudié pendant le Pass. Par exemple, si l’étudiant a suivi des cours de droit pendant sa 1re année, il pourra entrer directement en 2e année de droit, ou intégrer une L.AS et retenter sa chance en santé l’année suivante.

La fin du redoublement

À la différence de la PACES, le PASS permet de ne plus faire perdre d’années pour les étudiants qui échoueraient en 1re année. En PACES, les étudiants pouvaient redoubler et suivre deux premières années. Mais à l’issue de ces deux ans, s’ils étaient recalés ou reçus-collés, il n’y avait aucune équivalence. Avec le PASS, même si les étudiants ne poursuivent pas en santé, ils peuvent poursuivre un cursus dans le domaine étudié en PASS, sans perdre une année. Et en cas d’échec en PASS, la L.AS offre une 2e chance d’entrer dans les études de santé. Ainsi : 

  • Un étudiant qui n’a pas la moyenne retourne dans une autre L1, en lien avec sa mineure; 
  • Un étudiant qui a la moyenne mais qui n’a pas les résultats suffisants pour être pris en MMOP (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie) peut aller dans une L.AS en L2 et candidater une deuxième fois via cette deuxième voie; 

3) Accéder aux études de santé via une licence

En plus du Pass, il existe une 2e voie possible pour intégrer les études de santé. C’est ce qui s’appelle désormais la L.AS qui est une licence généraliste avec une « option Santé ». Cette nouvelle voie représente environ 40%  des recrutements de cette nouvelle réforme. 

À quoi correspond cette nouvelle licence ?

Les étudiants peuvent désormais s’inscrire dans une licence qui propose une mineure en santé en plus des cours traditionnels. Dans ce cas, on parle de L.AS. À l’issue de la 1re année, si les étudiants la valident, ils peuvent tenter d’intégrer la 2e année des études de santé.

Ils suivront ainsi une double licence avec une majeure en biologie et une mineure en maïeutique par exemple. S’ils ne sont pas admis en 2e année de santé, ils peuvent poursuivre dans la même licence et candidater de nouveau aux études de santé, après au moins une année supplémentaire d’études.

Mais attention les étudiants ne peuvent se présenter que 2 fois maximum aux études de santé.

Un choix dès le lycée

Le lycéen doit donc choisir la licence qui correspond à ses projets et ses points forts et qui propose une option « accès santé » pour la ou les filières qui l’intéressent : médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie. Il suit donc lors de cette licence des enseignements directement reliés à l’option « accès santé ».

Attention, en fonction de la licence choisie, l’étudiant n’aura pas forcément accès à toutes les filières en santé. Certaines n’offrent qu’un accès en maïeutique ou en odontologie, d’autres en médecine… Les L.AS indiquent sur Parcoursup et sur leur site, à quelles filières elles permettent de candidater.

Une deuxième chance

Une licence avec une option « accès santé » (L.AS) peut être considéré comme une deuxième chance pour les étudiants qui ont essuyé un échec en PASS.

Aussi, à la différence du PASS, les licences sont proposées dans l’ensemble des Universités françaises, y compris celles n’ayant pas de Faculté de Médecine. 

Infographie : Je suis en terminale et je veux faire des études de santé

4) Comment faire son choix de parcours et maximiser ses chances de réussite ?

« Les portes de l’avenir sont ouvertes à ceux qui savent les pousser. »

Coluche

Un choix qui dépend d’un projet

Vous l’aurez compris, les étudiants ont désormais deux possibilités pour faire des études de santé. Il est essentiel de comprendre que le choix de l’étudiant dépend de son projet et de ses points forts. Par exemple :

  • Si vous êtes intéressé par ces études et que vos points forts sont dans des disciplines éloignées de la biologie, vous pouvez choisir une licence avec option « accès santé » dans le domaine qui vous intéresse.
  • Si vous choisissez le PASS, vous devez vous interroger sur l’option qui vous intéresse le plus pour une éventuelle poursuite d’études en dehors des études de santé.

Une décision qui ne se prend pas seul

Pour un étudiant, ces choix constituent des décisions parfois difficiles à appréhender et peut générer une source de stress sans précédent. Beaucoup d’étudiants ont mal à faire un choix ou n’ont pas encore cerné leurs aspirations professionnelles.

D’autant que les études de santé sont un challenge et demande investissement et motivation. Il faut être prêt à travailler dur et régulièrement. Le centre d’information et d’orientation (CIO) ODIEP est là pour vous aider en vous proposant des coachings scolaire d’orientation « sur-mesure » afin de permettre à l’élève de s’approprier sa scolarité et surtout de renouer avec ses rêves.

Les bilans d’orientation scolaire d’ODIEP permettent aux étudiants : 

  • Une meilleure connaissance de soi : ce qui est utile pour faire un choix entre la licence L.AS et le PASS;
  • Une plus grande implication dans ses études et donc des meilleurs résultats scolaires  : ce qui est demandé pour réussir les phases d’admissibilité;
  • Une compréhension des formations avec la création d’un projet professionnel objectif : le choix d’option dépend de ce projet;
  • Une connaissance des méthodologies de travail indispensables pour acquérir le niveau académique qui sera exigé pour réussir ses études post-bac : les études de santé rendent obligatoires ces connaissances méthodologiques; 

Les coachs d’orientation scolaire ODIEP sont là pour vous aider à mieux identifier vos goûts et centres d’intérêts afin de vous accompagner lors d’étapes importantes telles que le choix d’études supérieures, grâce à leurs connaissances de la réforme de la PACES.

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